En sortant de chez nous, je remarque pour la première fois des fleurs de frangipanier rose. Originaire des régions tropicales, cette plante, un symbole de beauté et de mystère, est associée à des légendes et des traditions culturelles variées. Dans un cycle de renaissance et de beauté, le frangipanier demeure éternel et serein. Une inspiration poétique naît de cette rencontre florale :
Sous le ciel azuré de l’Asie
Le frangipanier s’épanouit
La
corolle rose délicate
S’ouvre à
la lumière d’Hécate
Tel un
doux murmure dans l’air
Son
parfum suave embaume la Terre
La fille
de Flore évoque les contrées lointaines
Des rêves
d’évasion vers les îles achéennes
Les
fleurs, telles des étoiles terrestres
Se
balancent au gré des chemins pédestres
Riches
d’histoires anciennes de beaux jours
Messagères
silencieuses de l’amour
En elles
se blottit une promesse d’immortalité
Qui suspend
le temps par son inspirante beauté
Près de l’appartement, mon regard se pose sur un duo architectural élégant. Les maisons jumelles se racontent des histoires du passé colonial dans le Vietnam d’aujourd’hui. La première, d’un blanc craie, et sa sœur, d’un jaune doux, élèvent fièrement leur façade ornée de colonnes gracieuses et de balustrades finement ciselées embellies de dentelles architecturales. Silhouettes symétriques, couronnées d’une toiture à pignons en décalé aux lucarnes différentes, elles sont majestueuses dans leur raffinement. Les balcons superposés créent un jeu d’ombre et de lumière. Au rez-de-chaussée, un café se love sous une canopée de verdure tropicale où des bougainvilliers tentent de cascader parmi l’enchevêtrement de câbles électriques qui offrent un contraste saisissant entre les nécessités urbaines et l’élégance intemporelle de l’architecture.
Un sapin de Noël créatif, venu s’ajouter à la décoration en se dressant avec élégance au pied de l’escalier en colimaçon, nous accueille au buffet Chay Garden. Je suis sous le charme. Né de branches et de petites bûches, le sapin incarne l’esprit artisanal des fêtes d’antan. À sa base, dans une ébauche de mise en scène, une naissance de cercle de rondins forme une bordure décorative sur le plancher en bois rustique. Devant les rondins de tailles différentes, une paire de petites bottes rouges annonce l’attente magique enfantine des cadeaux. Les boules dorées et les pommes de pin se mêlent délicatement aux décorations rouges traditionnelles. Un bonnet de Père Noël rouge et blanc coiffe subtilement la cime, ajoutant une touche festive et ludique à l’ensemble.
Après le repas, nos pas nous mènent au centre commercial Thảo Điền Pearl où je m’attarde devant un séduisant massif de tabebuia. Les délicates fleurs en forme de trompette, d’un rose tendre, s’épanouissent en gracieuses grappes. Les couleurs vives et lumineuses me rappellent des fleurs de cerisier.
Trà, une jeune fille souriante, dont le prénom signifie « thé », nous accueille au Starbucks. Des instants de détente se glissent entre les minutes en effleurant les contours de l’éphémère qui s’évanouit dans des gouttes de présent.
Plus tard, nous effectuons des courses chez Tops Market. Patrick achète un pamplemousse à la peau verte qui pèse, comme ses frères, environ deux kilos. Ngọc Trủc nous accueille à la caisse. Nous revenons ensuite tranquillement chez nous. En chemin, je regarde avec amusement un homme installé dans la rue dans un hamac de couleur kaki fixé entre une grille et un tronc à l’ombre des arbres, peut-être échappé d’un « cà phê võng » [café-hamac]. Symbole de la douceur de vivre vietnamienne, le hamac, qui se balance doucement, offre à cet homme un moment de détente improvisé au milieu de l’effervescence urbaine. Rappelant l’époque où Saigon était surnommée la « perle de l’Extrême-Orient », le cocon suspendu avec sa paire de sandales sur le trottoir représente un plaisant contraste entre le rythme trépidant du quartier et ce moment de quiétude suspendu dans le temps…
Plus avant, j’admire des roses du désert que j’apparente à une poésie florale avec leurs fleurs rose et rouge à la beauté éclatante. La sortie des classes a commencé à l’école anglaise. Arrêté à un passage piéton, je vois une fillette qui tient le livre « Hamster Princess of Mice and Magic » d’Ursula Vernon… Harriet, lorsqu'elle aura douze ans, se piquera le doigt et s'endormira profondément. En attendant... elle est invincible ! Comme le sort est impossible à arrêter, avant ses douze ans, Harriet mène une vie d’aventures trépidantes où, entre autres péripéties, elle combat des chats-ogres...

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