jeudi 12 décembre 2024

Découverte d’un petit village culinaire riche de facettes et d’espaces créatifs...

    Nous sortons de l’appartement à onze heures trente. Nous allons déjeuner dans un restaurant à découvrir. En chemin, je m’attarde un instant devant un fauteuil à roulettes, en tissu beige clouté, aux accoudoirs en bois, solitaire dans la rue sous l’ombre généreuse d’un arbre. Il se repose sur le pavé gris, telle une invitation inattendue à s’asseoir dans le tumulte de la vie urbaine.

    

    Plus avant, je suis sous le charme du comptoir artistique en bois brun acajou d’un restaurant. Ses roulettes, discrètes, suggèrent une mobilité paisible, comme si le comptoir pouvait voguer vers de nouvelles aventures culinaires. Sur la surface lisse d’un long plateau mis à plat, des bols décorés et empilés s’alignent, prêts à accueillir des mets savoureux. Des œuvres d’art ornant le haut du comptoir évoquent un univers riche en couleurs et en symboles. Les panneaux peints, encadrés horizontalement par des courbes ondulées en bois, rappellent les scènes traditionnelles asiatiques, mêlant harmonieusement mythologie et paysages culturels. Les œuvres, à la fois décoratives et narratives, transforment le comptoir en une scène vivante où l’art raconte les légendes d’un passé glorieux. 


    Plus loin, nous suivons la route qui mène chez Bloq, toujours inondée, pour nous rendre à notre destination. Nous arrivons un peu après midi au Snap café qui s’apparente à un petit village culinaire riche de facettes et d’espaces créatifs différents, dont certains rappellent des huttes de bord de mer. Des boutiques variées participent au charme du lieu atypique. Un homme, originaire de Hué, nous accueille chaleureusement. Une paroi de persiennes de couleur gris clair délavée se dévoile dans un espace. Un autre abrite une bibliothèque disposée contre un mur jaune vif. Les étagères sont remplies de livres, majoritairement en langue anglaise, témoins silencieux de mille histoires. Un peu partout des canapés et des fauteuils colorés, confortables, invitent à s’y détendre. Les plantes verdoyantes ajoutent une touche de nature luxuriante qui crée un havre de bien-être. L’atmosphère est empreinte d’une sérénité propice à la rêverie et à la découverte littéraire. Les tables et les chaises en bois de couleurs vives différentes ajoutent une dernière note de créativité. Après le repas savoureux, nous découvrons une seconde salle de restaurant qui nous transporte dans un coin de Thaïlande. Des sourires nous accueillent. Nous admirons la décoration. Nous revenons ensuite sur nos pas, nous passons devant le banian vers l’entrée, décoré de sphères lumineuses suspendues qui dansent doucement au gré du vent en ajoutant une touche féerique à l’atmosphère.


    Nous découvrons la suite de la rue jusqu’à son terme avant de nous rendre chez Faro où Patrick souhaite photographier une des décorations. Deux jeunes filles ravissantes se prennent en photo devant le gros nounours du café. Vêtues avec recherche et élégance, elles acceptent, après l’échange d’un regard, de poser pour la photo que je souhaite prendre. Je les trouve magnifiques et mes compliments font naître des sourires de contentement. Durant un temps de détente, je promène mon regard sur les convives. La clientèle est majoritairement jeune. Le café doit être « branché », car les jeunes filles, aux  vêtements créatifs, sont toutes élégantes. Les grains du temps glissent lentement entre nos doigts. Les miens pianotent dans les notes sur l’écran de l’iPhone.


    Une parenthèse de douce oisiveté s’est évanouie quand nous sortons. Dans la rue, je vois une Mercedes de couleur rose bonbon. Les nuages glissent dans le ciel. Plus tard, ceux qui passent sur nos têtes, nous voient entrer chez Sharon Bakery - An Phu Supermarket où nous effectuons des emplettes. En sortant, nous allons nous réfugier au Starbucks Thao Dien. Un orage se prépare. Le ciel s’assombrit. Le vent se met à souffler avec vigueur. Nous pressons le pas. Nous arrivons à destination après les premières gouttes. Layla nous accueille. L’orage éclate. Le ciel est noir. La luminosité a chuté. Des cataractes de pluie tombent. La végétation luxuriante se pare de milliers de gouttelettes comme en témoigne une photo prise depuis l’intérieur du café. Une autre parenthèse de douce oisiveté s’évanouit. Quand la pluie cesse, nous prenons le chemin du retour. Nous entrons chez Voelker où nous achetons deux chaussons pomme et banane pour le dîner.


    Plus avant, je m’attarde dans la rue quand une fillette me fait un signe de la main. Sa mère la place délicatement dans un petit siège fixé à l’avant de son scooter. Cette petite fleur d’Asie sur la monture mécanique garde son regard sur moi tout en tenant d’une main son doudou. Elle tient dans l’autre main un croissant au chocolat qu’elle mange distraitement. Sa candeur enfantine, son expression attentive et captivée me plongent dans un océan d’émerveillement en caressant les rivages de mon âme. Un frisson me rappelle que l’émerveillement est le premier langage du cœur et que cette étincelle du moment présent est éphémère.


    Plus loin, les fleurs de Bauhinia, admirées samedi dernier, se sont parées de gouttes de pluie qui perlent sur leurs pétales en ajoutant une touche de fraîcheur cristalline à l’air resté chaud après l’orage. Nous avançons lentement en évitant les flaques d’eau, étendues pour certaines. Dans l’une d’elles, la ramure épanouie d’un arbre se reflète nettement. Le ballet des deux-roues se poursuit. Certains conducteurs ont mis un poncho pour se protéger de la pluie.


    Nous nous attardons devant un bel adenium disposé devant une étroite et haute palissade blanche dans un pot hexagonal en pierre grise au parfum d’antiquité. Les fleurs couleur églantine de la rose du désert parsèment les branches noueuses et tortueuses qui se déploient avec grâce depuis un tronc renflé, caractéristique de cette plante exotique. Quelques pétales tombés sur le sol pavé témoignent du passage de l’orage. L’adenium image à merveille l’un des deux principes du wabi-sabi japonais où la beauté réside dans l’imperfection et la simplicité, entre ombre et lumière, entre force et fragilité…



















































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