mardi 24 décembre 2024

Une locomotive or et rouge vif arrêtée devant une mystérieuse grotte aux rochers imaginaires à Huê...

    Avant de sortir de la salle du petit déjeuner, je prends en photo un magnifique arrangement floral de lotus roses artificiels disposés dans un vase décoratif en hauteur sur le long îlot du buffet.

    La pluie maintient sa présence assidue sur Huê. Nous sortons en fin de matinée pour aller déjeuner. Nous prenons à droite. À cent mètres, je salue la marchande de fruits qui vient chaque jour avec sa palanche à l’angle de la rue kit Hai Bà Trưng. Son visage ridé s’illumine d’un sourire. Plus avant, mon ouïe est interpellée par un message publicitaire dont la provenance m’échappe. Patrick me montre un haut-parleur fixé devant un café-restaurant-boutique plaisamment ouvert sur la rue. Les gouttes de pluie ruissellent sur mon k-way. Plus avant, sous le ciel pluvieux, une rue tranquille est partiellement embellie en hauteur de fanions rouge vif, telle une canopée flottante de flammes suspendues. Les petites bannières dansent doucement sous la caresse de la pluie, rappelant des battements d’ailes d’une nuée d’oiseaux en vol. Les façades des bâtiments alentour semblent endormies sous l’humidité du jour.

    Le restaurant repéré par Patrick étant entièrement ouvert sur la rue, nous allons dans celui de Madam Thu devant lequel nous venons de passer. Malgré la porte d’entrée qui reste ouverte, une légère chaleur nous enveloppe. Nous prenons place à une table en bois foncé verni près du bar. La salle se remplit rapidement. Nous trouvons un plat végétarien de tofu et d’aubergine qui nous convient, la majorité des mets comportant de la viande. Disposés sur des feuilles de bananier, les mets arrivent sur un plateau tressé dans diverses séduisantes cocottes, munies d’un couvercle en verre, escortées de petites assiettes bleu et blanc en céramique, ornées de motifs variés et de dragons majestueux, qui rappellent les porcelaines anciennes. Je me dis que la tradition culinaire rencontre l’art de la table. Un petit pot en céramique décoré de pois bleus contenant du riz blanc collant complète l’ensemble accompagné d’un verre de thé ambré. Les mets, parsemés de coriandre fraîche, se montrent agréables au palais. Deux serviettes blanches humides roulées sur un discret panier parachèvent la présentation. Le repas se termine à treize heures.

    La pluie s’intensifie. Nous décidons d’aller au Highlands Coffee de l’hôtel Muong Thanh. En chemin, j’assiste à la sortie des invités qui viennent de participer au mariage de Văn Hàu et de Ruyn My au Asia Palace à la haute façade blanche ornée de colonnes néoclassiques et de grandes baies vitrée arquées. La cérémonie des noces s’est déroulée à onze heures. J’assiste à la lente descente princière des nombreux invités, sous un lustre étincelant, le long d’un escalier somptueux, aux marches bordées de fleurs blanches, devenu le théâtre d’une procession élégante. Chaque pas résonne comme une note dans une symphonie de joie et de célébration. Sous la marquise aux six pétales en verre, les conversations animées et les sourires échangés témoignent d’un moment partagé qui restera gravé dans les  mémoires.

    Le jeune Anh Nht nous accueille au café. Nous sirotons un thé. Patrick s’offre un croissant croustillant. Le groupe de pop Boney M. chante « Feliz Navidad ». Les minutes s’évanouissent avec légèreté dans le doux murmure du temps.

    Après quinze heures, nous allons chercher la bûche de Noël chez Sweet Kingdom dans la rue Phm Ngũ Lão. Thai nous accueille chaleureusement. Il nous montre la création gourmande réalisée pour nous quil dépose délicatement dans une grande boîte en carton, au dessus transparent, munie de deux cordons roses pour le transport. Dautres bûches sont venues garnir la vitrine. Patrick me prend en photo avec le jeune homme à qui j’envoie ensuite le cliché. Il nous souhaite un joyeux Noël.

    En face de la pâtisserie, j’imagine que le Pôle Express vient de s’arrêter. Je me glisse dans le rôle du jeune garçon qui doute de l'existence du père Noël et qui monte dans un train mystérieux en partance pour le pôle Nord. À mesure que le Pôle Express s'enfonce dans des contrées enchantées, l'aventure est au rendez-vous… J’attarde mon regard sur la locomotive à vapeur or et rouge vif arrêtée devant une mystérieuse grotte aux rochers imaginaires. Elle évoque les rêves d’enfance et le voyage vers des contrées lointaines et magiques. Escorté de deux sapins enneigés, le père et le fils, décorés de boules et de rubans rouges, le train magique sur les rails enneigés ajoute une plaisante touche festive aux innombrables décorations de fête de la ville. La pluie qui asperge doucement le décor participe à cette mise en scène onirique…

    Nous prenons ensuite la direction du Starbucks sous la pluie qui tombe assidûment. En chemin, une femme souriante, coiffée d’un chapeau conique qui lui sert de parapluie improvisé, nous accoste. Elle nous propose une promenade d’environ une heure trente en gondole sur la rivière pour aller découvrir l’emblématique pagode de Huê ; une idée à retenir. Gin, une agréable jeune fille, nous accueille au café et prend la commande d’un thé Earl Grey et d’une camomille. Nous nous installons près du vitrage circulaire avec vue sur la rivière des parfums. Des enfants s’amusent et courent en criant d'un bout à l'autre de la longue salle…

    Plus tard, nous revenons chez nous. Le sapin de Noël illuminé devant le Starbucks étincelle dans la nuit tombante. Les grandes lettres « J’aime Huê » brillent d’une clarté intérieure. Les habits de lumières de la façade de l’hôtel Saigon Morin resplendissent. Près de notre hôtel, mon cœur s’attendrit devant une femme qui, telle une déesse, balaie les pleurs de la pluie sur le sol d’Huê. Je la suis du regard. Vêtue d’un imperméable translucide, coiffée d’un casque vert vif, des gants roses aux mains, elle semble danser avec un balai de paille. Les brins qui tracent des cercles fluides sur le pavé luisant, où l’eau de pluie se mêle aux feuilles mortes, créent une mosaïque en mouvement. Lors du dîner de réveillon dans la chambre, nous savourons chacun deux belles tranches de l’exquise bûche de Noël à la crème au beurre…


















































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