Le Cambodge
L’Empire Khmer porte un héritage historique exceptionnel : berceau d’une civilisation ancienne et raffinée, le pays fut autrefois au cœur de l’un des plus grands empires du Sud-Est asiatique et le foyer d’une culture très riche au carrefour des influences indienne et chinoise. Pendant plus de cinq siècles, la culture khmère rayonna en Asie du Sud-Est et offre de nos jours des sites touristiques inégalés, comme le célèbre Angkor Wat.
A compter du XVe siècle, affaibli à l’intérieur par les luttes dynastiques, pris en tenaille à l’extérieur entre les Thaïs, à l’ouest, les Vietnamiens et les Chams, à l’est, le Cambodge n’est plus que l’ombre de lui-même. Le déclin est inexorable et ne cessera de s’accentuer jusqu’au XIXe siècle. Entre-temps, de nouveaux venus sont apparus sur la scène asiatique : les Européens. Après une brève tentative d’alliance avec les Espagnols à la fin du XVIe siècle, c’est finalement la puissance française qui s’impose dans ce qui subsiste encore de l’ex-Empire khmer. En 1863, est signé un traité de protectorat entre la France (qui développe simultanément son emprise sur le Vietnam voisin) et le roi Norodom (1860-1904). Cette tutelle restera globalement pacifique, excepté une brève période de rébellion armée en 1884. Le bilan de près d’un siècle d’administration française au Cambodge est mitigé. Peu d’investissements, peu d’infrastructures, peu de développement, mais, en revanche, un rôle stabilisateur : c’est probablement la présence du colonisateur français qui a permis alors au Cambodge de perdurer en tant que pays, en contenant les appétits expansionnistes des Thaïs et des Vietnamiens.
La fin de la Seconde Guerre mondiale et l’essor des mouvements de libération nationale partout sur la planète bouleversent à nouveau le fragile équilibre du petit royaume. A la mort du roi Monivong, en 1941, l’administration française plaça sur le trône un jeune prince de 18 ans apparemment inexpérimenté, Norodom Sihanouk. C’est pourtant lui, reprenant à son compte la revendication nationaliste, qui lance, dans les années d’après-guerre, la « croisade royale » – pacifique – pour l’indépendance. La France s’incline et l’indépendance du Cambodge est finalement proclamée le 9 novembre 1953. Deux ans plus tard, afin de disposer d’une plus grande liberté d’action politique, Sihanouk abdique au profit de son père et, en qualité de Premier ministre, lance un vaste programme de modernisation du pays.

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