dimanche 1 décembre 2024

Découverte du parc à thèmes Suối Tiên, le « Ruisseau des fées »...

    Le taxi arrive devant chez nous avec un peu d’avance. Mnh Hùng, un jeune garçon courtois, nous ouvre la portière. « Manh » signifie « beauté » et « Hung » peut être interprété comme « courage ». A onze heures, nous roulons en direction de notre destination. Une sorte de pare-soleil latéral, tel un tamis finement ajouré, empêche la prise de photos durant le trajet. De lencens est diffusé dans l’habitacle légèrement climatisé. Sur la plage du tableau de bord, un bouddha en ambre ocre jaune entouré d’une mâlâ, une sorte de chapelet, utilisée notamment pour la récitation des mantras, composée de perles en bois, et un autre objet de culte, attirent mon regard. Divers objets bouddhistes, suspendus au rétroviseur, balancent avec les irrégularités de la chaussée. Le plafond de la voiture est capitonné en skaï de couleur beige. L’urbanisation est présente tout au long des quelque quinze kilomètres parcourus, tout comme la voie aérienne du métro ponctuée de plusieurs stations.

    Nous arrivons à onze heures vingt au parc à thèmes Sui Tiên, qui a ouvert ses portes en 1995, dont le nom signifie « Ruisseau des fées ». Il se définit comme le pays des quatre saisons. Il est né en 1992 à l'initiative de la municipalité de Ho Chi Minh Ville. Deux défenses géantes d’éléphant se remarquent immédiatement. L’entrée est gratuite pour un senior. Patrick paie moins de sept euros. Une fois dans le parc, dès les premiers instants, je suis sous le charme. La décoration monumentale se montre grandiose et colorée. Une frénésie de photos s’empare de moi. Les clics à répétition de l’iPhone se laisse entendre discrètement devant la musique vietnamienne qui est diffusée dans le parc. Des oiseaux chantent à cœur joie. Nous cheminons lentement. Partout où mon regard se pose, de magnifiques créations se dévoilent.

    Une majestueuse lanterne dorée à la taille impressionnante, tel un encensoir offert aux cieux, finement ciselée dans un métal doré, s’élance dans le ciel bleu parsemé de filaments nuageux. Au sommet, surmontées de figures d’oiseaux mythiques, huit cloches de bronze suspendues tintent doucement dans la brise. La lanterne majestueuse, telle une sentinelle, veille sur le parc. Nous traversons diverses passerelles plus belles les unes que les autres. Elles s’intègrent harmonieusement dans le paysage composé de ruisseaux, de végétation luxuriante, de lacs et bassins artificiels. L’atmosphère du parc nous transporte dans un univers inspiré des légendes et contes traditionnels vietnamiens. Un peu partout, les quatre animaux sacrés de la mythologie vietnamienne sont mis en valeur : le Dragon, la Licorne, la Tortue et le Phénix. Une divinité sur un globe terrestre de belle envergure protège les visiteurs.

    Je m’attarde devant un château blanc qui évoque un royaume enchanté, semblable à un palais de glace sorti d’un conte de fées. Il se dresse majestueusement, un rêve sculpté dans la pierre immaculée. Ornées de motifs délicats, tels des cristaux de neige, les tourelles élancées percent le ciel, leurs flèches effilées semblant toucher les nuages. À ses pieds, un jardin soigneusement entretenu s’étend, ses allées sinueuses bordées de fleurs aux couleurs vives contrastent avec la blancheur éclatante des murs. Le château blanc, intemporel, de beauté et de mystère, où l’imaginaire prend vie, mêle avec bonheur histoire et légende. À l’entrée, des sculptures d’ours polaires et de bonhommes de neige accueillent les visiteurs, ajoutant une touche hivernale et magique à l’ensemble. Le château, tel un lieu de rêve, offre à l’imaginaire de prendre vie.

    Plus avant, nous nous attardons devant l’attraction Phng Hoàng Tiên liée au phénix. De petits trains circulent avec les wagonnets plein d’enfants excités. Nous nous faisons des gestes de la main à diverses reprises. À midi, nous déjeunons avec un plat de légumes et de tofu accompagnés de nouilles au Thù ĐNg, lun des nombreux restaurants du parc. Après le repas, nous poursuivons nos découvertes. Nous nous attardons devant un arbre majestueux où une ribambelle de rubans rouges sont suspendus aux branches. Des souhaits sont écrits sur les rubans dans l’espoir de les voir se réaliser. Cette tradition témoigne de croyances ancestrales qui permettant aux gens d’exprimer leurs espoirs et leurs désirs. Patrick assiste à un spectacle expressif et haut en couleurs dont la musique est trop forte pour moi. 

    De mon côté, après l’achat d’un billet, je vais découvrir le parc aquatique dominé par la sculpture géante du visage d’un empereur au sourire bienveillant. Elle abrite un toboggan aquatique gigantesque qui fait la joie des enfants en nombre dont les cris accompagnent ma découverte. Ils grimpent des escaliers avec une embarcation gonflable blanc et rouge à trois places pour s’élancer ensuite sur l’eau dans le cœur de l’empereur. Des gardiens avec un micro à la main veillent sur eux. Leur voix se laisse entendre régulièrement, les enfants, dans leurs débordements de joie, oubliant la prudence. Je croise des dizaines d’enfants dont plusieurs me saluent d’un « chào » avec un signe de la main. Je suis le seul touriste étranger. D’autres profitent pleinement de la proche piscine à vagues où les bouées s’accumulent sur l’un des bords. La décoration du parc aquatique est magnifique de diversité et de créativité comme en témoignent quelques photos. Je suis particulièrement séduit par un majestueux navire en bois, tel un rêve surgissant des palmes, qui me transporte dans un univers féerique. Sa coque d’acajou, ornée de motifs dorés aux écailles serpentines, se love dans un écrin de verdure tropicale. Cette apparition évoque en moi les légendaires vaisseaux des mille et une nuits. Au cœur de ce tableau enchanteur, les feuilles de palmiers dansent comme des voiles de soie, caressant la silhouette majestueuse du navire. Les vagues imaginaires d’un bleu azur qui l’entourent semblent vouloir le porter vers des contrées mystérieuses. Je quitte ce poème de bois et d’or avec une pointe de rêve d’aventures lointaines.

    Je rejoins Patrick et nous poursuivons nos découvertes. Les écoliers sont nombreux dans le parc. Nous côtoyons un groupe. Des mains s’agitent sur mon passage comme si j'étais une célébrité. Je souris et je fais des signes de la main aussi. Le nombre de touristes non vietnamiens est voisin de zéro depuis notre arrivée. Nous entrons dans une sorte de palais doré où de magnifiques personnages drapés d’étoffes colorées, portant des coiffes cérémonielles, s’offrent à nos regards éblouis. Autre part, nous passons devant un superbe paon coloré d’allure princière qui fait la roue tel un véritable éventail de magnificence. Dans la mythologie, le paon, symbole d’immortalité, est lié à une histoire fascinante : ses ocelles dorés seraient nés de la métamorphose des cent yeux d’Argus, transformés par Héra en une cascade de feu sur son plumage soyeux.

    Tout en marchant, à diverses reprises, nous entendons des musiques d’Ago Aniki tirées de l’album « Double Lariat ». Plus loin, contre toute attente, nous arrivons dans la ferme du parc Sui Tiên où se dévoilent des figuiers, des pruniers, des plans de raisins, de France pour certains, nous dit le jeune employé du parc qui roule à bicyclette et qui souhaite nous prendre en photo. Il en profite pour prendre une photo de nous deux avec son smartphone. Des fruits du dragon, comme nombre d’autres fruits exotiques, sont cultivés dans ce grand verger. Je vois une dame, montée sur un escabeau, qui nettoie les grappes de raisins avec une époussette ; étonnant ! Un ouvrage de longue haleine devant le nombre important de grappes. Nous sortons de la ferme, nous passons devant le royaume des crocodiles, nous traversons un vaste Luna Park où une grande roue se mire dans un lac. Des pédalos en forme de cygne blanc sont alignés, prêts au départ. Une maman et ses deux enfants se promènent en hauteur dans une nacelle qui glisse sur un parcours aérien dans le Luna Park. Un grand espace est réservé aux visiteurs qui souhaitent effectuer une sieste dans un hamac. Deux garçons se reposent.

    Les minutes s’envolent comme des papillons. Nous arrivons au château fort magique. Un impressionnant dragon en bronze aux ailes déployées, la gueule grande ouverte, garde l’entrée du château, créant une atmosphère fantastique en pleine harmonie avec l’architecture gothique et les tourelles pointues. Un Merlin l’enchanteur asiatique veille avec bonhomie. Les minutes du sablier de l’instant continuent de s’écouler. Nous arrivons à un étang aux nénuphars artificiels. Nous traversons un chemin aquatique enchanteur, tel un collier de jade, composé de majestueux lotus stylisés en pierre d’un vert émeraude éclatant qui forment des pas japonais flottants sur l’eau calme. Nous parvenons dans un pavillon traditionnel aux toits incurvés garnis de tuiles orangées qui semblent flotter entre ciel et eau. Une cascade cristalline discrète murmure sa douce mélodie en écho à cette symphonie visuelle. Un peu plus loin, au bord de l’eau, une tribu indigène, répartie sur des rochers en gradins, nous surprend par sa présence. L’heure de la fermeture et de notre rendez-vous avec Mnh Hùng approche. Après plus de six kilomètres de marche dans le parc incomparable, nous nous asseyons un instant devant des minibus à louer par les familles nombreuses ou par des touristes. Au loin, un immeuble vert clair étonne par ses façades originales. Un sms du chauffeur nous informe de son arrivée. Nous quittons le parc, la tête pleine de couleurs et de beauté créative. La sélection pour illustrer le blog sera ardue avec les plus de cent cinquante photos prises dans le parc Sui Tiên…








































































































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