lundi 27 janvier 2025

Dimanche 26 janvier 2025 - Rencontre avec une écrivaine des rues et flânerie le long de la Promenade de la rivière Tonlé Sap...

Dans son espace de liberté sur les pavés gris argent de Phnom Penh, une femme assise pieds nus, adossée à un muret en béton brut, les genoux pliés légèrement relevés, vêtue d'une robe à bretelles à motifs et d’un pantalon noir orné de frises et de cercles dorés, un petit krama à carreaux rouge et blanc noué autour du cou, écrit d’une main inspirée. Sa silhouette se dessine nettement dans la lumière du jour. Je l’observe. Les doigts de sa main droite dansent sur une grande feuille de papier quadrillé posée sur d’autres feuillets, noirs de caractères, placés à sa droite sur un grand sac rectangulaire blanc aux rayures rouges. Elle transforme en mots sa réalité. Trace-t-elle des mots qui racontent ses rêves, son parcours de vie, ses réflexions, des épisodes du quotidien de sa ville ? Son visage marqué par le temps témoigne d'une vie riche d’un vécu intense, tandis que sa concentration détendue révèle une âme de poète. Sous son bras droit, une trousse violette oblongue se révèle dans l’ouverture d’un sac à main rose pastel, craquelé par un usage régulier. Je me dis que dans la rue, elle incarne la beauté simple et profonde de l'écriture : celle qui permet les voyages par l'esprit. Sa graphie appliquée en langue khmère me fascine. Sa création littéraire transcende les circonstances. Va-t-elle laisser une trace de sa pensée dans ce monde ? Je tente de lui adresser la parole en anglais. Toutefois, mes propos lui sont incompréhensibles. Comme mon père durant sa vie, elle parle uniquement sa langue natale. Dans le flot incessant de la ville, en mouvement dans son îlot de calme et de réflexion, telle une fleur de lotus, elle ressemble à la déesse hindoue Sarasvati, l’épouse du dieu créateur Brahma, associée aux arts, à la musique, à la poésie et à l'écriture. La plume de cette femme qui captive mon émotion trace avec fluidité des rivières d'encre qui irriguent les pages blanches de ses feuillets comme autant de caractères porteurs de mémoire…






















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