samedi 1 février 2025

Vendredi 31 janvier 2025 - Découverte du Chip Mong 271 Mega Mall et détente au salon de thé RuNam...

    Nous déjeunons au restaurant Magnolia où Raksa nous accueille. Après le repas, nous partons à la découverte d’un centre commercial futuriste. Nous effectuons un trajet en tuk-tuk d’une quinzaine de minutes qui se déroule par endroits sur des souvenirs d’asphalte où les ornières se succèdent. Le Chip Mong 271 Mega Mall dévoile son gigantisme impressionnant dans ses atours au blanc dominant. Nous nous en éloignons par deux fois pour pouvoir le prendre en photo. J’apparente le géant de verre et de lumière à une symphonie architecturale. Elle épouse le végétal dans ses balcons qui ondulent sur les façades galbées. Une esplanade sur chacun des quatre niveaux participe à l’élégance structurelle. Dans cette marche environnementale, je vois un tuk-tuk remorque stationné sur le trottoir chargé de packs et de bonbonnes d’eau. À deux pas, une antenne du Haut commissariat pour les réfugiés se signale. J’ai une pensée pour ma sœur Thérèse qui a mené la majorité de sa carrière professionnelle au siège du HCR à Genève. Nous nous approchons d’une des entrées du vaste centre commercial réalisé par le groupe Chip Mong, un important conglomérat cambodgien. Sa construction a débuté en août 2018. L’ouverture au public remonte à environ deux ans. Le groupe Chip Mong est à la tête du vaste complexe en cours de construction Landmark 271 dans le district de Meanchey réparti sur plus de quarante hectares qui, outre le centre commercial, comportera progressivement des bureaux, des villas et des appartements de luxe.

    Nous entrons dans le vaisseau cristallin dont les façades miroitantes reflètent les éclats dorés de l’astre solaire. Une odyssée sensorielle commence. Nous sommes sous le charme d’une chanson d’Andy Lau. Imaginez une cathédrale commerciale où les escaliers mécaniques serpentent entre des jardins intérieurs. Un atrium tridimensionnel couronné d’une verrière transforme les rayons du soleil en partitions lumineuses. Dès nos premiers pas, au cœur d’une installation décorative drapée de rouge royal, un spectacle enchanteur se déploie sous nos yeux. Il célèbre le Nouvel An chinois. Des nuages stylisés bruns en carton flottent dans les airs. Un tapis écarlate s'étend comme un lac de rubis entre une estrade octogonale surélevée, où trône un majestueux cerisier artificiel aux fleurs roses délicates et aux branches ornées de lanternes rouges et de médaillons dorés, et une scène où des personnes en habits traditionnels se font prendre en photo après avoir traversé un petit pont arqué aux balustrades rouges décorées de segments géométriques. Des lanternes dorées posées sur les extrémités des marches de l’estrade, telles des sentinelles lumineuses, embellissent l’installation théâtrale. J’attarde mon regard sur une famille avec deux enfants. Ils prennent la pose sur deux cabriolets en bois sombre, disposés de part et d’autre d’un guéridon circulaire. Les deux fillettes portent chacune un ao dai coloré. À gauche, la mère, vêtue d’une robe à motifs aux couleurs chaudes, et une des deux filles se tiennent côte à côte dans une étreinte maternelle. À droite, dans un duo touchant, le père, habillé en blanc, enlace l’autre fille assise sur l’accoudoir. Les sourires illuminent les visages comme autant de rayons de soleil. Dans les regards, je lis la joie d'être ensemble dans ce moment partagé, telle une perle précieuse dans l'écrin du temps. Nous nous promenons dans les allées qui ondulent autour de l’atrium et sur l’esplanade du rez-de-chaussée. Nous sortons pour admirer la végétation qui cascade sur les balcons superposés. Nous revenons sur nos pas. Je vois un simulateur futuriste de réalité virtuelle doté de six sièges à la couleur noire soulignée de bandes lumineuses violettes. Nous prenons de la hauteur en arpentant les allées et les esplanades supérieures. Une vision panoramique offre de prendre des photos des alentours. La tour blanche surmontée d'un dôme sphérique de l’Institut Techo Sen semble bien petite à côté d’un imposant gratte-ciel aux moucharabiehs anthracite d’une quarantaine d’étages où s’alternent dans les angles des bandes verticales blanches et noires.

    Les minutes ondulent avec nous. Je m’attarde dans la galerie Angkor Art où deux tableaux me fascinent. Le premier, une œuvre surréaliste captivante, combine le monde sous-marin et terrestre dans une composition unique et onirique. Un majestueux navire de croisière flotte à la surface d'un océan turquoise, tandis que l’avion rouge de Saint-Exupéry traverse le ciel parsemé de nuages cotonneux. Sous la surface cristalline des eaux se dévoile un monde fantastique riche des monuments les plus emblématiques de notre civilisation actuelle. La tour Eiffel, le Taj Mahal, la pyramide de Khéphren, Big Ben, la tour de Pise et la statue de la Liberté s’entrelacent dans le paysage sous-marin. Tels des plongeurs joyeux explorant un musée aquatique extraordinaire, un Mickey voyageur temporel et un autre personnage inconnu munis d’un scaphandre animent ce tableau vibrant enrichi par une barrière de corail aux teintes roses, violettes et bleues qui forme un premier plan coloré. Des poissons tropicaux aux couleurs éclatantes nagent gracieusement entre les monuments, ajoutant vie et mouvement à cette nouvelle réalité. Cette œuvre m’invite à plonger dans un univers où les frontières entre terre et mer, réalité et imagination, s'estompent pour créer une vision poétique et enchanteresse. Le second tableau, une œuvre d'art qui s'inspire clairement de l'univers du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, m’offre une autre vision onirique et enchanteresse. Dans une bulle cristalline flottant dans un océan azuré, deux silhouettes sur l’herbe contemplent un coucher de soleil flamboyant. L'atmosphère est baignée d'une lumière magique où se mêlent les teintes orangées du crépuscule et les bleus profonds de la mer. Le ciel crépusculaire est parsemé d'étoiles scintillantes, tandis qu'une lune ludique dorée illumine la voûte céleste. Un vaisseau spatial en forme de goutte d'eau et un poisson volant rose traversent l'espace étoilé en ajoutant une touche de merveilleux à la composition. Sous la surface de l'eau, un univers enchanteur se déploie avec des coraux colorés, des algues ondulantes et des poissons aux teintes vives qui semblent danser dans les profondeurs. De petits cubes lumineux multicolores, tels des bonbons acidulés, se promènent comme des lanternes sous-marines, créant un effet de féerie aquatique. Cette œuvre contemporaine capture l'essence poétique et rêveuse du Petit Prince. Elle illustre magnifiquement la rencontre entre la candeur de l'enfance et l'immensité de l'univers, thème cher au cœur d’Antoine.

    Autre part dans le centre, je visite brièvement un magasin des meubles Ashley. Cette enseigne fait partie du réseau mondial d'Ashley, le plus grand détaillant de meubles aux États-Unis. Lors de notre road trip au pays de l’oncle Sam l’année passée, des dizaines de magasin Ashley étaient présents le long de la route. Ashley Furniture HomeStore est une chaîne américaine qui a connu une expansion mondiale impressionnante depuis l'ouverture de son premier magasin en 1997 à Anchorage en Alaska. Aujourd'hui, l'entreprise compte plus de mille magasins dans près de soixante-dix pays. C’est la plus grande chaîne de magasins de meubles au monde... comme les meubles Vuargnoz dans une réalité parallèle. Nous flânons ci et là au gré de notre fantaisie. Une échoppe de maïs soufflé a pris place dans un tuk-tuk rose. Autour d’une table ronde centrale traversée par un fin piquet vertical, une banquette semi-circulaire recouverte de coussins gris a pris place dans une élégante structure sphérique ajourée en bois clair aux arceaux courbes formant un dôme épuré qui ressemble à une boule de sapin de Noël. Autre part, dans un portrait artistique style cyberpunk futuriste, je vois Dana Scully aux cheveux rouge vif qui porte un viseur numérique doté d’une interface holographique. Le viseur émet une lueur et affiche des motifs géométriques et des étoiles. Le visage aux lèvres rouges est éclairé par des tons roses et violets qui donnent une expression sereine à Gillian Anderson. Autre part, baigné de lumière, un photomaton enchanteur nommé Snppy Snaps dévoile son cocon pastel, tout droit sorti d’un rêve kawaii, une extension de la culture kawaii japonaise déjà évoquée dans mes écrits, qui invite à immortaliser des moments précieux dans sa cabine empreinte de douceur et de fantaisie. Ses contours arrondis et ses teintes tendres évoquent un monde enfantin où les lapins dessinés et les petits cœurs décoratifs murmurent des promesses de souvenirs heureux. Une pancarte Butterbear, dressée contre le montant droit devant le rideau jaune vif plissé, propose des cadres photos ornés d’un coquet ourson pâtissier. Derrière le rideau jaune pâle, dans la cabine, un jeune couple termine une séance de photos avec des rires.

    Nous arrivons au complexe cinématographique, situé au dernier étage, doté d’un vaste espace de jeux qui pulse au rythme de la jeunesse connectée. Elle s’amuse sous un ciel de cercles de néons dans cet espace illuminé d’une féérie électrique. Les bornes multicolores, véritables totems, invitent la jeunesse à plonger dans des mondes fantastiques. Des cercles blancs au sol tracent des chemins imaginaires, guidant les pas dans cet univers ludique. Une enseigne en hauteur affiche en lumière les mots Ready Set Play ! [À vos marques, prêts, jouez !] synonymes d’évasion et de plaisir. Les machines rivalisent d’ingéniosité : roues de la fortune, pinces mécaniques et autres simulateurs futuristes se dévoilent comme autant de promesses d’aventure. Les éclats de rire et les sons électroniques se mêlent dans une symphonie joyeuse où les joueurs vivent l’instant présent. Dans la partie cinéma, les affiches des films en projection ornent les murs avec élégance, tandis qu’un écran numérique montre les horaires des séances. Sous la lueur tamisée des néons bleutés, des jeunes gens sont présents devant un bar futuriste. Après cette immersion sonore et lumineuse, nous retournons au rez-de-chaussée où, dans un stand central minimaliste crème près d’une sortie, trois jeunes vendeuses et un jeune vendeur vêtus d'élégants ensemble blancs s’amusent sur leur smartphone dans une chorégraphie spatiale en attendant le client. L'espace épuré est baigné d'une lumière douce qui se reflète sur les surfaces lisses du comptoir en boucle rectangulaire.

    Plus tard, dans la douce lumière de cet après-midi à Phnom Penh, Patrick et moi nous laissons bercer par l’atmosphère raffinée du café RuNam. Dans la partie circulaire du vitrage, nous prenons place sur une chaise au dossier aux motifs gothiques. Les grandes baies vitrées laissent filtrer la lumière tropicale. Les murs habillés de boiseries sombres créent une atmosphère à la fois intime et majestueuse. Pendant la préparation de la commande, je me promène dans le café en prenant des photos. La décoration rappelle celle des deux cafés RuNam où nous sommes allés à Saigon. Je savoure une part de tiramisu en sirotant un thé suave aux morceaux de fruits. Chaque gorgée devient une ode à la lenteur et au bien-être. Patrick apprécie un thé à l'orange. Cette pause dans un écrin de beauté me conte que la joie réside dans ces instants de farniente partagés autour d’une table où nos thés coulent comme les minutes, doucement, sans précipitation, dans une bulle de bien-être cambodgienne. Quand nous quittons cet endroit enchanteur, il reste en nous comme une empreinte douce qui remontera à la surface de nos pensées de temps à autre quand nous penserons à Phnom Penh. Nous revenons ensuite chez nous dans un tuk-tuk dont le chauffeur vient juste de déposer un couple asiatique. Il connaît bien les ruelles et il suit un tracé qui évite d’emprunter les voies suspendues entrelacées près du vaisseau commercial dont nous avons quitté les ponts pour revenir sur Terre…









































































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