lundi 3 février 2025

Dimanche 2 février 2025 - De Phnom Penh au Cambodge à Kuala Lumpur en Malaisie par le ciel…

    En milieu de matinée, un mail nous informe que le taxi est arrivé à l’hôtel. Nous quittons la chambre. Toutefois, l’information est inexacte. La charmante hôtesse de la réception appelle le chauffeur sur mon iPhone. Il a pris du retard. Nous attendons dans le hall à la superbe décoration. Depuis un vitrage, je vois marcher dans la rue deux moines en robe orange qui se protègent du soleil avec deux ombrelles jaune vif. Seng arrive. Je remercie notre hôtesse avec un sampeah et un sourire. Nous montons à bord d’une Lexus RX350 gris clair. La conduite de Seng est relativement brusque. Quand son smartphone quitte sa main, il a la gâchette facile avec le klaxon qu’il utilise pour un oui pour un non. Nous dépassons un tuk-tuk avec un passager équipé d’une grosse valise turquoise.

    Après trente-cinq minutes de route dans les rues animées de la ville, nous arrivons à l’aéroport international de Phnom Penh géré par la société française Vinci, qui détient soixante-dix pour cent de Cambodia Airports, dans le cadre d'une concession qui court jusqu'en 2040. Le tuk-tuk à la valise turquoise nous a précédés. Nous prenons place au café Blue Pumpkin en attendant l’heure de l’enregistrement des bagages, annoncée à midi vingt. Patrick s’offre un cappuccino avec un escargot aux raisins. Les jus de noix de coco fraîches étant en rupture, je m’abstiens. À midi vingt, nous sommes devant les guichets 40-43. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à l’entrée de la zone des boutiques aux marchandises détaxées, le contrôle des passeports et des bagages à main s’étant déroulé à merveille. Nous prenons la direction du salon repéré sur Internet. Nous nous attardons devant l’étal Amazing Cambodia qui s’épanouit devant une fresque des temples d’Angkor Vat baignés des lueurs écarlates et or d’un coucher de soleil qui tourne au rouge de cuivre. Le Plaza Premium Lounge dévoile son apparat luxueux au premier niveau.

    À l’entrée, nous nous attardons devant une scène de ballet captivante qui se déroule devant l’emblématique Angkor Vat au Cambodge. Les danseurs, baignés d’une féerique lumière orangée, évoluent dans de gracieux mouvements avec en arrière-plan majestueux les tours illuminées en vert et jaune d’Angkor. Les silhouettes élancées des danseurs en tenue de ballet créent une chorégraphie harmonieuse. Leurs bras, déployés avec élégance, évoquent un mouvement fluide et aérien. Les tours caractéristiques d’Angkor, avec leurs sommets en forme de lotus, se dressent majestueusement dans la nuit, créant un contraste saisissant. Les jeux de lumière remarquables enveloppent les danseurs et les tours dans une atmosphère mystique et théâtrale. Je trouve que cette alliance entre la danse classique et l’architecture khmère millénaire crée une spectaculaire magie visuelle.

    Trois jeunes gens nous accueillent au salon. Notre carte American Express devient un sésame pour entrer dans ce lieu de bien-être et de détente. Le buffet offre une belle diversité de mets. Je me régale avec un velouté de courge. Des spaghettis que j’agrémente de velouté, des tranchettes de pommes de terre rissolées, des rondelles de concombre, des olives noires et des haricots rouges complètent ma sélection. Deux petits carrés chauds inconnus, genre pudding, terminent mon repas. Je me promène dans le vaste salon qui fait la part belle aux teintes sombres genre acajou.

    Je capture un bref épisode de vie quelque peu surréaliste. Deux fauteuils moelleux couleur chocolat accueillent une curieuse paire de voyageurs. D’un côté, Serena, une jeune femme vêtue de blanc, agenouillée sur l’assise, penchée sur le dossier où ses bras sont accoudés, est plongée dans son monde digital, ses cheveux d’ébène cascadant sur son dos comme un rideau de soie. De l’autre, Pooky, un grand ours en peluche blanc, majestueux dans la même posture que l’Alice moderne dans son univers numérique, ressemble à un gardien des rêves sorti d’un conte de fées. Deux lampes leur offrent une lumière ambrée qui crée des halos dorés flottant comme des lucioles apprivoisées. Le grand tapis brun aux motifs ondulants, qui évoque des vagues d’or sinueuses, hésite à se prendre pour un tapis volant devant cette représentation où le réel et l’imaginaire se côtoient. Le sac Christian Dior de Serena devient le témoin silencieux de cette rencontre silencieuse entre le monde des adultes et celui de l’enfance. Je me dis que la magie surgit dans les endroits les plus inattendus. Cet épisode de vie, à la fois ordinaire et extraordinaire, me captive en me rappelant que dans le quotidien, il y a toujours de la place pour un brin de fantaisie, pour une touche de douceur, pour un moment de beauté. Je me trouve dans un décor, où le luxe côtoie la simplicité, où le temps se ralentit pour créer une bulle enchantée, où les objets inanimés respirent doucement. Dans ce salon, la frontière entre l’ordinaire et le merveilleux s’estompe délicatement pour laisser place à une parenthèse poétique où une peluche devient le daemon de la jeune femme à la croisée des mondes de Philip Pullman. Dans cet épisode, tel un messager venu du monde de l’enfance, le daemon représente la manifestation physique de l'âme de la jeune femme.

    Depuis le salon, la vue embrasse l’entrée de l’aéroport et le couloir des embarquements où un Starbucks a pris place. Après quatorze heures, nous sommes devant la porte d’embarquement numéro six. J’assiste au ballet des stewards et des hôtesses en tailleur rouge vif qui arrivent en file indienne. L’avion dans lequel nous allons embarquer vient d’atterrir. Je le prends en photo au travers d’un vitrage. Les passagers débarquent. Nous embarquons à quatorze heures trente. Nous occupons les sièges 12A et 12B au niveau d’une sortie de secours où la place pour les jambes est spacieuse. Nous sommes à bord d’un Airbus A320 de la compagnie Air Asia Cambodia. L’avion s’élève dans les airs à quinze heures cinq. Le ciel est brumeux. Bye-bye Cambodge ! Je commence la lecture du livre Un pèlerin d’Angkor de Pierre Loti. Dans la rangée de sièges devant nous, un petit enfant, encore un bébé, pleure, crie, gesticule dans les bras de ses parents. Durant le vol, nous effectuons un saut d’une heure dans le futur. Le train d’atterrissage sort à dix-sept heures trente-cinq.

    L’avion atterrit en douceur trois minutes plus tard sur le tarmac de l’aéroport de Kuala Lumpur. Nous roulons, nous roulons, nous roulons sur le tarmac dans tous les sens… pendant une bonne quinzaine de minutes avant l’arrêt des moteurs. L’avion est arrimé à une passerelle télescopique peu avant dix-huit heures. Cette structure mobile, qui relie directement la porte de l'avion à l'aérogare, permet aux passagers d'embarquer et de débarquer sans avoir à descendre sur le tarmac. Elle offre une protection contre les intempéries et améliore l'accessibilité pour les passagers à mobilité réduite. Dans le terminal, après la descente d’un escalier mécanique, au cœur d’une captivante fresque expressive qui célèbre l'essence même de la culture malaisienne, une femme âgée au visage empreint de bonté et de douceur accueille les voyageurs. Parée d’un vêtement aux motifs géométriques rouge, bleu, doré et gris, elle porte un somptueux diadème argenté ciselé d’ornements traditionnels. À travers ce portrait saisissant, dont les traits sont marqués par des années d’une vie de courage et de bienveillance, l’Aînée s'épanouit dans une composition picturale mêlant des éléments traditionnels et contemporains. La main de l’artiste qui tient un pinceau s’active sur la fresque, peignant des fleurs étoilées rouges et jaunes, des volutes dorées aux courbes gracieuses qui embellissent la composition. Des silhouettes en arrière-plan œuvrent dans le quotidien en célébrant la richesse culturelle du pays. Les couleurs riches, vibrantes et chatoyantes de la palette se marient harmonieusement. La fresque murale, tel un portail culturel de bienvenue, nous offre un aperçu de l'héritage culturel malaisien. Elle transforme cet espace de transit en une galerie vivante qui capture l'âme du peuple malais. En face de cette œuvre, une autre fresque, signée l’année passée par l'artiste Laila Salleh, représente une célébration vibrante de l'enfance et des jeux traditionnels. La fresque dépeint deux jeunes garçons absorbés dans un moment de jeu. Le premier tient un yoyo bleu tandis que le second s’amuse avec des billes multicolores. Trois fenêtres aux volets à persiennes sont ouvertes sur un ciel bleu azur, apportant une dimension de liberté et de rêverie. Cette œuvre est une ode à l'enfance et au prisme des jeux qui compose leur univers. Tel un rappel de la présence de l’aéroport, le mot keluar [sortie] au-dessus d’une porte blanche de secours s’intègre avec naturel dans la composition attrayante.

    Après vingt minutes de marche et d’escaliers mécaniques, nous sommes devant le carrousel numéro dix. Le contrôle de l’immigration s’est déroulé en un tournemain avec un robot. Nous avons présenté nos passeports devant une fenêtre à lecture optique et montré ensuite notre visage à l’œil du robot ; une première dans nos voyages en avion ! À dix-huit heures trente, nous sommes accueillis en Malaisie par le panneau de bienvenue Selamat datang ke Malaysia. Deux minutes plus tard, nous arrivons à l’Aerotel. Le jeune réceptionniste en chemise jaune vif nous attribue la chambre 228, privée de fenêtre. Nous sommes au premier niveau du centre commercial de l’aéroport, riche de boutiques, de cafés et de restaurants. Nous déposons nos bagages et nous allons dîner chez The Coffee Bean & Tea Leaf, une chaîne dont nous avons couramment fréquenté les cafés lors de nos divers road trip aux États-Unis. Rubis nous accueille. Nous savourons chacun une part de tarte à l’ananas en sirotant un thé. J’ajoute à ma collation une part d’un excellent gâteau au chocolat. Nous allons ensuite acheter un petit cadenas chez HomeWord dans le centre commercial ; la fermeture-éclair du sac à dos de Patrick, acheté au marché couvert de Phnom Penh, s’ouvre largement lors des mouvements de la marche. Nous retournons ensuite à l’hôtel pour cette première nuit en Malaisie, le pays du makan angin. Cette métaphore malaise, qui signifie littéralement manger le vent, reflète la décontraction et le penchant des Malaisiens pour les loisirs et les voyages…
























































































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