vendredi 21 mars 2025

Vendredi 21 mars 2025 - Promenade de rêves colorés à Melaka...

    Lors du petit déjeuner, une famille anglophone est présente vers un vitrage. Je prends plaisir à regarder les deux bambins dont le plus petit, curieux et plein d'énergie, explore la salle à quatre pattes. Son petit frère le suit avec enthousiasme. Les deux enfants animent l'espace. Le papa, patient et attentif, se lève régulièrement pour ramener le dernier-né à la table qui repart presque aussitôt à la découverte. Il veille sur lui tout en lui laissant la liberté d'explorer. La maman, quant à elle, profite de ce moment en observant tranquillement les pérégrinations de ses fils depuis la table. Cette interaction familiale ajoute une belle touche de vie à l'ambiance du restaurant. Je suis attendri et touché au cœur par ce tableau captivant.

    Nous sortons en fin de matinée pour aller déjeuner. Patrick me prend en photo, assis dans un des quatre rickshaws d’un rouge profond qui décore l’entrée de l’hôtel. Le séduisant pousse-pousse, avec ses roues élégantes et sa capote protectrice, me murmure des anecdotes de son passé dans les rues anciennes de Malacca. Derrière moi, une fresque en noir et blanc évoque un passé lointain, où les bâtiments coloniaux s’étiraient sous le soleil tropical, témoins silencieux d’histoires oubliées. Mon tee-shirt jaune éclatant contraste avec la sobriété du décor, tel un rayon de soleil capturé dans l’instant. Mes pantalons violets, ornés de motifs blanc et or, ondulent tels des vagues d’améthyste dans le souffle du vent tiède. À ma droite, mon ombrelle rose et mauve repose comme une baguette enchantée, prête à invoquer des mondes imaginaires. Je descends de ce carrosse d’antan et nous allons déjeuner chez Vspace. Le noble destrier de fer et de bois, ses roues prêtes à tourner au rythme des battements du cœur de la cité, m’aurait bien accompagné.

    En chemin, je prends plaisir à côtoyer la rivière au cadre enchanteur. Kae nous accueille de son sourire discret. Nous prenons place sur la terrasse. Une salade précède directement le dessert. Lindy vient nous saluer. Pour ce dernier repas au bord de l’eau, nous dégustons en chœur une gaufre au gula melaka, servie avec une boule de glace vanille. Après le repas, nous annonçons notre départ à Lindy qui nous donne des informations sur les deux étapes suivantes. Nous la remercions vivement. Nous poursuivons ensuite la promenade le long de la rivière. Présente dans un léger décalage temporel, une femme vêtue comme autrefois apparaît dans mon regard. Silhouette mystérieuse, enveloppée dans le charme intemporel du batik malais, ses pieds effleurant à peine le sol, elle tient une ombrelle chinoise en papier huilé, délicate comme un souffle de printemps, ornée de pivoines champêtres qui semblent capturer la lumière en la redistribuant en éclats magiques.

    Plus tard, nous entrons dans une véritable galerie à ciel ouvert, où chaque coin de rue révèle une explosion de créativité. Nous sommes dans The Well où des trésors d'art urbain se dévoilent aux flâneurs dans le secteur de la rue Kampung Kuli. Dans un tourbillon d’ocre et d’ambre, dans une symphonie de couleurs chaudes et vibrantes, nous découvrons les fresques murales nichées dans des ruelles au cœur des vieux quartiers. Elles tissent une tapisserie enchanteresse de la vie quotidienne, où l’ordinaire se mêle au merveilleux. Elles dévoilent l’âme vibrante de Melaka où le quotidien d’autrefois, parfois encore actuel, se transforme en poésie visuelle. Les vendeurs ambulants, tels des gardiens de traditions millénaires, proposent leurs marchandises sous des ciels embrasés de couleurs chaudes. Ici, un homme berce son chariot de durians épineux comme un trésor ancestral ; là, un marchand de rue fait flotter son étal sous un parapluie arc-en-ciel qui semble capturer les rêves des passants. Chaque coup de pinceau raconte une histoire où le temps s’étire, où les gestes simples – porter, vendre, échanger – deviennent des compositions artistiques. Ces fresques sont des portails vers un monde où le labeur quotidien se métamorphose en couleurs, où chaque visage porte l’élégance silencieuse des héros ordinaires, où les rues de la vieille cité portuaire continuent de murmurer les légendes des marchands venus des quatre coins du monde. Dans ce patrimoine vivant, chaque tableau est une fenêtre ouverte sur la vie quotidienne. Un marchand de durians suspend ses trésors épineux comme des joyaux exotiques, tandis qu’un vendeur de glaces sur son vélo tricycle s’élance dans une course contre le soleil. Sous des parasols multicolores, des étals regorgent de légumes frais et de poissons argentés ; un marché animé où l’air vibre d’échanges et de sourires. Ces fresques sont comme des fragments d’un rêve éveillé, où chaque détail murmure des secrets d’autrefois, enveloppés dans une magie douce qui fait palpiter mon âme. Un artisan aux doigts de fée façonne des paniers de rêves, tandis que des marchands ambulants transportent des univers entiers sur leurs épaules. Des chats espiègles aux yeux de lune jouent à cache-cache avec les ombres. Une femme voilée, telle une fée des contes, semble faire éclore une rose rouge de sa fenêtre ouverte aux volets à persiennes vert émeraude. Un forgeron sculpte le métal incandescent en flammes dorées. Ces murs vivants murmurent les secrets d’un monde où le temps s’est arrêté, où chaque coup de pinceau participe à un kaléidoscope de traditions, de labeur et de moments suspendus, nous invitant à plonger dans un rêve éveillé aux mille et un détails qui nous émerveillent. Conquis, nous nous éloignons de cette collection impressionnante, de ces représentations visuelles captivantes et de ces portraits saisissants.

    Nous arrivons devant la fresque My Kiehl's Heritage, une œuvre magistrale réalisée par FriTillDea, alias Mohd Anuar, en collaboration avec la marque américaine de cosmétiques Kiehl's. Une explosion de couleurs vives, de lignes audacieuses, de formes géométriques, illumine majestueusement un mur de la rue Tukang Besi. Cette fresque, commandée par la marque Kiehl’s, peinte voici une dizaine d’années, a récemment été restaurée. Son éclat et sa vivacité sont spectaculaires. Les teintes vibrantes, les motifs complexes de cette œuvre monumentale célèbrent les cinq sites du patrimoine de la Malaisie, mêlant habilement des éléments représentatifs du parc Kinabalu, du parc national de Gunung Mulu, des villes historiques de Melaka et George Town, ainsi que de la vallée de Lenggong. Nous croisons dans la rue une foule de Chinois ; peut-être sont-ils à bord du navire Oceania Insignia, en escale aujourd’hui à Melaka. Une autre fresque vibrante et majestueuse dépeint l'actrice Fan Bingbing dans le rôle de l'Impératrice Wu Zetian, ornée d'une coiffure impériale somptueuse et de bijoux éclatants. Entourée d'un tourbillon de fleurs rouges éclatantes et de pétales dansants, l'œuvre capture la grâce et la puissance de ce personnage historique avec une élégance saisissante. Les caractères chinois ajoutent une profondeur narrative, évoquant la légende et le pouvoir de cette souveraine emblématique. Au centre de la composition My Kiehl's, devant la porte d’entrée surmontée du nom de la marque, nous nous prenons en photo l’un après l’autre sur la première marche en tenant avec fantaisie notre ombrelle ouverte. Au bout de la rue, vers la rivière, nous nous attardons devant une stèle anthracite qui commémore l'arrivée de l'amiral chinois Zheng He à Malacca en 1405, marquant cet événement historique majeur dans les relations sino-malaise. Une gravure dorée de la jonque chinoise rappelle celle qui voguait dans le vaisseau Encore Melaka.

    Plus tard, proche de l’éclatant Mémorial de la Proclamation de l'Indépendance, nous sommes dans le Melaka Sultanate Palace Museum, à la longue façade majestueuse et aux toits triangulaires pointant vers le ciel. Dans ce vaste écrin en bois sombre, nous laissons les grandes peintures, les tableaux vivants, nous murmurer les légendes d’un passé glorieux. Les salles vibrent d’une aura mystique : des mannequins rejouent les scènes de la vie royale, tandis que les miniatures de navires et de palais rappellent les épopées maritimes et architecturales. Au premier étage, dans la chambre spacieuse du sultan, l’éclat doré des rideaux, des cantonnières, des décorations murales ciselées, rivalise avec celui du Soleil.

    Quand nous sortons du palais, la pluie nous accueille. Nous allons chez Zus pour acheter de la citronnade au miel. Nous la sirotons en marchant. Nous retournons à l’hôtel, les yeux baignés des merveilles de l’après-midi. Nous nous attardons au neuvième étage pour découvrir, avant notre départ, la longue piscine à débordement qui surplombe le village et la passerelle aérienne où a pris place le fitness vitré. De retour dans l’appartement, nous savourons le restant du cheese-cake Chocolat Boy, acheté hier chez Zowa dans le centre commercial The Shore Shopping Gallery, attenant à l’hôtel. Nous vivons ensuite agréablement notre dernière soirée à Melaka, le cœur empli de souvenirs éphémères, tandis que la Lune caresse d’un voile argenté la rivière enchanteresse…




































































































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