À onze heures, nous sommes dans la rue devant chez nous. Au bord de la chaussée, un homme et une femme, assis sur un petit tabouret presque au ras du sol, s’activent avec énergie à laver des instruments de cuisine au moyen de quatre grandes bassines en plastique posées par terre. Les deux bassines rouges sont remplies d’eau mousseuse. Dans la minute suivante, nous montons à bord d’une voiture LF5. Tùng, un jeune homme souriant, nous conduit dans le premier quartier de Sai Gon. Une quinzaine de minutes plus tard, nous sommes à destination. Tùng nous dépose près du Ambrosia Cafe Bistro.
Nous nous promenons avant le déjeuner. Je prends des photos dont celle d’une dame occupée à couper des tranches de mangue qu’elle dispose dans une barquette. Son scooter « commercial » est stationné devant un arbre au bord de la chaussée. Nous voyons dans le paysage urbain, très diversifié, le gratte-ciel du Saigon Trade Center, coiffé de trois tourelles qui pointent vers le ciel, le plus haut du Vietnam de 1997 à 2010. De nos jours, le Landmark 81, une autre propriété de Pham (Vingroup), est le plus haut gratte-ciel du Viêt Nam. Il avoisine les cinq cents mètres de hauteur. Il abrite notamment un complexe résidentiel, un centre commercial et une plateforme d’observation circulaire. Nous le voyons depuis le centre commercial Pearl. A quelque cent cinquante mètres au dessus du sol, le café « Panorama » offre une vue d’ensemble de la ville et de l'horizon.
Nous nous attardons un instant devant le gratte-ciel, inauguré en avril 2006, qui abrite le siège social de HTV, la première chaîne de télévision au Viêt Nam qui relève du Comité populaire de Hô Chi Minh Ville depuis sa création en 1965. Le bâtiment de seize étages comprend un studio de quelque sept cents places ainsi que dix studios de tournage. L’inauguration coïncidait avec le dixième Congrès national du Parti communiste et le trente-et-unième anniversaire de la réunification nationale du Vietnam.
Nous passons devant l’église catholique Nhà Thờ Mạc ty Nho qui, contre toute attente, est décorée pour Noël. Deux pères Noël montent à l’assaut du clocher. Un immense sapin décoré, deux pères Noël et d'autres décorations nous accueillent après le portail en arche réalisé en fer forgé ouvragé.
Devant un restaurant qui vend du poulet, une personne déguisée en coq jaune captive l’attention pour inciter à entrer. Autre part, nous passons devant le théâtre Bếnthành, un haut lieu culturel au cœur du district numéro un. Autre part encore, nous sommes attirés par le gratte-ciel d’une banque composé de deux cubes originaux superposés. Le cube supérieur semble flotter sur celui du dessous.
Nous déjeunons à midi au restaurant végétarien Liên Toá, niché dans une ruelle le long de la route à grande circulation Nguyen Thi Minh Khai dans le premier quartier de Sai Gon. Dans la salle au premier étage, les abats jour des appliques murales sont en forme du traditionnel chapeau conique. Deux khăn lạnh [serviettes froides en papier humide], dans un étui posé sur une petite assiette rectangulaire, sont présentes sur la table, comme dans tous les restaurants où nous sommes déjà allés. Nous savourons des brochettes de tofu, d’ananas, d’oignon et de poivrons rouge, vert et jaune. Patrick ajoute du riz blanc gluant. Le règlement se fait en espèces ; les taxes habituelles sont absentes sur la note. Nous payons l’équivalent de sept euros.
Après le repas, nous allons dans un des nombreux Highlands Coffee. Khiêm, un garçon dont le prénom signifie « modération », nous accueille. Patrick sirote un cappuccino. Le Matcha est absent de l’offre. Highlands Coffee est une chaîne de cafés fondée en 1999 par David Thai, né en 1972 au Vietnam. Sept ans plus tard, sa famille s'installait à Seattle, dans l'État de Washington, aux États-Unis, où le premier Starbucks a vu le jour ; l’idée de créer une chaîne de cafés au Vietnam est-elle née à Seattle ? David a ouvert son premier café à Sai Gon, près de la cathédrale Notre-Dame, actuellement en travaux de rénovation. Aujourd’hui, l'entreprise totalise plus de deux cents cafés au Vietnam.
Plus tard, le Musée national d’Histoire du Vietnam est visité. Il a été inauguré en 1958. Il fut appelé à l'époque « Musée Louis Finot », du nom de son premier directeur. Le musée détient des milliers d’objets historiques, allant de la préhistoire à la révolution de 1945. Le musée se trouve dans l'ancien bâtiment de style indochinois de l'École française d'Extrême-Orient, dessiné par l'architecte français Ernest Hébrard au temps de l'Indochine et édifié autour des années 1930.
Avant seize heures, nous sommes au Starbucks Nguyễn Thị Minh Khai où nous nous offrons des instants de détente gourmande. Il est situé presque en face du Consulat Général de France. Le jeune Pham Huy, des mèches blondes dans ses cheveux noirs, nous accueille. Cheesecake et tiramisu accompagnent un thé Earl Grey et un matcha latte. Les minutes agréablement climatisées s’égrènent plaisamment sur le cadran du temps. Nous retournons ensuite en flânant au point de rencontre pour retrouver Tùng qui va nous ramener chez nous.
En chemin, je m’attarde pour regarder une marchande des rues, une porteuse du quotidien, venue vendre sa marchandise aux passants. Elle l’a transportée au moyen d’une Palanche, tel un balancier, une tige en bambou légèrement arquée, posée sur une épaule, où est accroché un grand panier à chacune des extrémités. La palanche est un autre symbole du Vietnam traditionnel, comme le chapeau conique ou le Ao Dai, la robe traditionnelle mixte. Les deux paniers symboliseraient le delta du Mékong au sud et celui du fleuve rouge d’Hanoï au nord, surnommés les deux greniers du pays…
Nous passons par la place Họ Còn Ruy où se dévoile le petit lac aux tortues. Cinq colonnes de béton s’élèvent dans le ciel pour soutenir des mains symboliques dont les doigts s’ouvrent comme des pétales de fleurs. Nous prenons des photos depuis l’hôtel quatre étoiles « Bach Suites Saigon » dont la décoration de Noël se montre attrayante. Une locomotive à vapeur avec un wagon et des sapins de Noël richement décoré de rouge et d’or séduisent mon regard. Plus avant vers notre destination, nous voyons le mot « Nestlé ». La multinationale suisse fondée en 1873 par Henri Nestlé, présente au Vietnam depuis 1992, exploite six usines qui emploient plus de deux mille personnes dans tout le pays. Autre part, je m’attarde devant un petit commerce de rue à roulettes, à la base vert pomme, où se lisent les mots Bánh Mì Cộng Đồng [Pain communautaire]. La petite marchande, âgée et fluette, qui me rappelle feu ma grand-mère paternelle Olympe, prépare avec application et lenteur un sandwich pour un client en scooter. Elle remplit un pain coupé sur le côté avec les ingrédients choisis par le garçon qui œuvre sur son smartphone en attendant. Une poêle noire et un réchaud font partie du matériel utilisé.
Les dix-sept heures approchent, la circulation s’intensifie. Les deux-roues s’agglutinent. Le trafic est dense et la circulation chaotique. Les feux rouges sont là pour la forme, car rares sont les conducteurs qui en tiennent compte. De retour chez nous vers dix-sept heures trente, nous bavardons avec Chuyền, la maman de Thao. Elle nous dit que cela fait huit jours que nous sommes arrivés…


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