Nous nous levons à dix heures. Je termine les rites matinaux avec la pratique des 5 Tibétains. A midi trente, les minutes indiennes nous trouvent au restaurant Food Exchange du Novotel. Esther nous accueille. Elle nous offre une remise de vingt pour cent sur le buffet du brunch. La salle est vaste et les plats proposés nombreux et variés. Roshan s’occupe de notre table. Nous savourons des mets typiquement indiens. L’ambiance est animée par un musicien et une chanteuse. Les sonorités de la diffusion sont relativement fortes. Nous réglons l’addition à Yash qui s'intéresse à la suite de notre voyage. Nous sortons du restaurant vers quatorze heures.
Le blog est actualisé avant quinze heures avec les photos et la narration de la journée d'hier. Vingt minutes plus tard, nous terminons le check-in du vol de demain sur Air India.
Nous allons nous promener vers seize heures. Devant l'entrée de l'hôtel, une fontaine se dévoile sous la forme d’un long muret où l’eau glisse dans un bassin avec des reflets argentés. Nous sommes enveloppés dans un inquiétant brouillard empoisonné. Pour la cinquième journée consécutive, l'air de la capitale indienne, dont l'agglomération est saturée de quelque trente-six millions d'habitants, est également saturé de microparticules dangereuses pour la santé. Pour tenter de protéger la population, les autorités locales ont décrété jusqu'à nouvel ordre la fermeture des écoles primaires, l'interruption des chantiers, l'interdiction de la circulation des véhicules diesel. L'arrosage, avec de l’eau pulvérisée, des zones les plus polluées participe aux mesures annoncées. Je prends quelques photos de la végétation, noire de poussière, couverte d'une suie épaisse, qui illustrent ce phénomène humain nuisible. Depuis la vingtaine d’années que nous voyageons de par le monde, c’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle pollution visuelle environnementale. Je m’interroge. L’Homme est de plus en plus nuisible. La Terre va-t-elle devenir un lieu de pollution généralisée dans les années à venir avec le rythme effréné de la prolifération des voitures, camions, avions, bateaux et autres engins à moteur, sans parler, j’imagine, des cheminées des usines industrielles et énergétiques qui déversent en permanence dans le ciel les déchets de leur activité ? Nous avançons comme des extraterrestres arrivés sur une planète invivable. Des chiens et des panneaux d’interdiction, où se lisent les mots « Do not spit » [Ne pas cracher], se signalent de-ci de-là. Une interdiction bien dérisoire devant cette pollution qui plonge la ville dans un brouillard dense et tenace. Nous cheminons dans le dessein de nous rendre à un proche temple devant lequel le taxi est passé très tôt ce matin. Toutefois, le manque de trottoir nous coupe dans notre avancée. S’élancer sur le bord de la chaussée, où le trafic est intense, étant audacieux, nous nous contentons d’avancer au gré de notre fantaisie. Régulièrement des chauffeurs de tuc-tuc à trois roues, de couleur vert vif, à la capote noire, à la carrosserie légère sans portes, nous sollicitent, en se signalant par des coups répétés de klaxon quand il nous voient en circulant.
Plus tard, contre toute attente, un Starbucks entre dans notre champ de vision. Pour accéder au café, voisin de divers commerces, il faut passer par un contrôle des bagages à main et traverser un porche de rayons x. Les deux agents en uniforme sont souriants et me gratifient chacun d’un namasté, les paumes jointes et les pouces près de la poitrine, une pratique coutumière hindoue pour saluer. J’ignore si toute l’Inde est devenue paranoïaque, mais toutes ces contraintes liberticides étaient inexistantes lors de notre dernière venue en Inde en 2012. Rinky, une jeune fille gracile, nous accueille au Starbucks. La communication en anglais est aléatoire ; le chocolat chaud commandé arrive sous forme de Mocha Cookie Crumble. Patrick retourne au comptoir pour une nouvelle commande conforme à mon souhait. Cappuccino et chocolat chaud sont sirotés dans le bien-être. Les convives autour de nous sont majoritairement de jeunes voyageurs en transit au regard des bagages qui les accompagnent.
En sortant du café, nous allons découvrir le complexe commercial attenant « The Square @ Aerocity » noyé dans le manteau de la pollution. La décoration est attrayante. Des nymphéas roses se dévoilent dans des étangs artificiels du plus bel effet. Partiellement en sous-sol, le centre commercial passe sous une grande voie de circulation. Les piliers qui soutiennent la chaussée sont harmonieusement habillés de ramures de bois brun galbées qui se déploient comme les pétales d’une corolle. Une décoration lumineuse rappelle que les fêtes de fin d’année approchent. Des palmiers sont parés de lumière incarnat. Une fontaine au sol fait la part belle aux couleurs des LED. Nous entrons dans la pâtisserie Sugar & Spice pour acheter des douceurs pour dîner dans la chambre. Nous revenons au Novotel en montant un long escalier mécanique qui nous dépose à une courte distance de l’entrée de l’hôtel. Le jet d’eau dans le rond-point devant le Novotel, à l’envergure monumentale, s'est paré de lumières colorées. Nous arrivons à l’hôtel à dix-sept heures quarante à la nuit tombante. D’autres namastés me sont offerts en passant le contrôle dans le sas de l’entrée…

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