Nous sortons de l’appartement à onze heures trente. Nous allons déjeuner au buffet du Chay Garden. En chemin, nous nous attardons de-ci de-là. Au bord de la rue, sur le trottoir, une marchande fait cuire des côtelettes ; coiffée du traditionnel nón tơi, un chapeau conique réalisé en feuilles de latanier, elle a mis un masque pour se protéger des vapeurs de la cuisson. Un vendeur de couteaux se dévoile. Son stock est disposé en hauteur sur le porte-bagages de sa moto ; une rencontre étonnante ! Près du restaurant, je lis les mots « Xin chào ! » [Bonjour] sur le dos de la tenue cyan d’un taxi à deux roues électriques VinFast, de couleur cyan également, de Xanh SM, une des sociétés de Pham.
Nous arrivons à midi à destination. Un bambin dans une chaise d’enfant, à une tablée d’une dizaine de personnes, me regarde entrer et me fait un signe de sa menotte libre. Nous échangeons un sourire. Quel bel accueil ! Nous sommes dans la seconde salle très animée où les chaises lourdes sont en bois très rustique. Je mets les baguettes de côté et je commence mon repas avec les doigts. Notre serveur s’en aperçoit et m’apporte une fourchette. Quand j’ai terminé mon assiette de spaghettis de riz aux légumes, il s’approche pour me proposer quelque chose. Je lui tends mon iPhone où il écrit rapidement avec deux doigts en simultané. Je lis la traduction et je le remercie dans sa langue. Le brouhaha des sonorités vietnamiennes et les cris joyeux des enfants accompagnent le repas dans la bonne humeur. Un monsieur assis à la table voisine demande en anglais à Patrick si nous sommes en vacances.
Les treize heures approchent quand nous sortons du restaurant. Nos pas nous mènent tranquillement au Starbucks. Un espace de déchets côtoie le centre commercial dans un contraste étonnant. Nous effectuons un retrait d’espèces chez HSBC ; la banque est fermée. Dinh et un collègue nous accueillent au café. Nous payons chacun en espèces pour faire de la monnaie sur les deux billets du distributeur. Cappuccino et matcha sont sirotés lentement. La jeune fille à ma droite sur la banquette commune en skaï vert amande œuvre sur une tablette avec un stylet en parallèle de son smartphone. Elle grignote en sirotant une boisson dans son grand thermos rose Starbucks. Elle avale de petits bonbons de toutes les couleurs et des bouchées inconnues, emballées individuellement dans un sachet hermétique allongé. Patrick va regarder les thermos et en achète un rouge et vert, plus petit, à un demi million de dong. La jeune fille écrit maintenant sur l’écran avec le stylet comme je le faisais sur une feuille de papier dans ma jeunesse. Elle dessine, fait des diagrammes et autres croquis ; peut-être une future graphiste. À mon époque, il m’aurait été impossible d’imaginer une telle technologie.
Nous quittons le café vers quatorze heures pour aller flâner dans le quartier. Nous marchons le long de la rivière Sai Gon. Un séduisant arbre de bel envergure captive mon regard. Plus avant, je m’attarde devant un Drakkar en bois aménagé en aire de jeux pour enfants. Le long de la rivière, le bateau nomade, entre la péniche et la jonque, repéré précédemment, est encore présent ; je vois plusieurs personnes, avec leurs affaires étalées, qui vivent à l’intérieur. Nous suivons ensuite la Rue de la nuit et des restaurants, empruntée hier soir par Dông. Un superbe étalage de fruits et légumes retient notre attention dont de superbes pitayas rouges. Nous effectuons ensuite des courses chez Tops Market. En sortant, je vois un coq dans un abri près de deux motos ; une vision plutôt inattendue ! Nous prenons le chemin du retour. Je m’arrête chez King Food Mart pour acheter des arachides. Dans le magasin, j’écoute « Petit Papa Noël » en français. Julie Thanh Nguyên chante « Liên Khúc Noel » dont « Jingle Bells » en anglais et « Feliz Navidad » en espagnol...

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