Dans la matinée, Patrick me dit qu’il a vu un lézard traverser le salon-cuisine. Nous sommes au quatrième étage, par où a-t-il bien pu entrer ? Nous sortons à onze heures trente pour aller déjeuner au restaurant réservé hier après-midi. En chemin, je m’amuse à regarder la façade d’un café dont la devanture s’apparente au côté d’un camion. Plus avant, sur le trottoir, une vendeuse de bananes, coiffée d’un nón tơi, vêtue plutôt chaudement, le visage invisible, somnole paisiblement.
Nous arrivons chez Lac Thái à midi. Une ancienne Mercedes 190 à la peinture noire, à l’habitacle et aux sièges rouges, participe à la décoration du restaurant. Sapins de Noël et paquets cadeaux viennent s’ajouter pour les fêtes. Deux jeunes serveuses et un jeune serveur, qui connecte mon iPhone au wifi, nous accueillent. Le plat de Patrick est spectaculaire. Avant de sortir du restaurant, je prends en photo une citation en anglais de Charlie Chaplin : « Nous pensons trop et ressentons trop peu. » Nous prenons la direction du Starbucks. En chemin, je m’attarde devant une saynète insolite. Une dame accroupie sur le trottoir, qui aurait pu servir de modèle pour la sculpture en bronze d'Auguste Rodin, la tête cachée par un chapeau conique, trie patiemment des grains de riz. Plus avant, je prends en photo une feuille morte dorée, mouchetée d’ocre brun, qui tombe en tourbillonnant devant moi.
La jeune Vân Anh, dont le prénom signifie « nuage de lumière », nous accueille au café. Mon repas ayant été frugal, je savoure une marquise au chocolat en sirotant un thé vert matcha. Patrick, qui a opté pour un cappuccino, me dit que les hommes assis sous un parasol, que nous remarquons un peu partout le long des rues, effectuent contre monnaie sonnante et trébuchante, sans la laisser tomber sur une surface dure pour vérifier son authenticité, le gardiennage des deux-roues stationnés au bord des trottoirs. Ainsi, les cadenas sont inutiles. Ce service existe aussi pour les voitures dont le verrouillage des portières devient superflu. Certains gardiens cumulent « deux emplois » en surveillant aussi l’accès aux commerces, restaurants, hôtels et autres établissements recevant du public. Tout un système ingénieux inconnu en France qui génère des emplois tout en favorisant les relations humaines.
Nous sortons du café vers quatorze heures. Nous marchons le long de la Đường [rue] Vo Nguyen Giap. Je vois sur le trottoir au bord de la chaussée quatre passoires demi-sphérique remplies de morceaux de chou vert, me semble-t-il. Encore une vision insolite. Nous passons devant un station service STS Petro où je vois que le tarif d’un lít [litre] d’essence s’échelonne de 70 à 85 centimes d’euro. Plus avant, un portail d’envergure en bronze doré, magnifiquement ouvragé, captive nos regards étonnés par sa présence qui dénote avec l'environnement. A quelques pas, une maison mitoyenne élancée, de bric et de broc, aux façades vert clair et bleu clair où du linge sèche au soleil, étagée sur quatre à cinq niveaux, me fait penser à un assemblage en Lego. Plus avant, nous nous attardons devant le temple bouddhiste Chùa Kỳ Quang III dont les pagodes superposées de la toiture sont époustouflantes de créativité. Nous traversons la première voie large de la route pour cheminer sur le terre-plein central où un homme se repose dans la remorque bleu roi de sa moto à trois roues ; un pied et un bras dépassent de la seconde ridelle latérale à charnières en me faisant penser à un pantin désarticulé.
Plus avant, sous un des piliers en béton qui supportent le tablier du métro aérien, un homme semble avoir élu domicile. Un matelas de couleur fuchsia, un fauteuil jaune de Naples aux accoudoirs en bois et d’autres affaires sont disposés à côté de sa moto-remorque à trois roues, bleu roi également. Nous avançons sur un chemin carrelé. De temps à autre, nous sommes aspergés par l’eau de l’arrosage des espaces verts qui gicle. Près d’une station du métro aérien, des engins procèdent aux finitions sous le tablier ; l’ouverture au public du métro est prévue pour ce dernier trimestre de l’année. Des plantes dans des bacs en plastique noir étalées au bord de la chaussée, en attente d’être plantées dans les espaces verts, montrent leurs feuillages entourés de papier journal coloré. Plus avant, nous voyons des gratte-ciel aux façades parées de verdure qui me renvoient au mardi 17 janvier 2017 quand nous découvrîmes « One Central Park » à Sydney, le plus grand jardin vertical du monde dont les gratte-ciel sont recouverts d’une forêt d’arbustes et de végétation luxuriante.
Nous faisons demi-tour quand les pagodes du grand complexe architectural Pháp viện Minh Đăng Quang entrent dans notre champ de vision. La traversée des deux chaussées de la route, aux nombreuses voies à la circulation intense, est impossible pour nous y rendre aujourd’hui. Comme un peu partout, les deux-roues envahissent la route, les motos et autres scooters étant le moyen de déplacement principal des habitants. Nous revenons par les trottoirs dont le délabrement par endroits invite à faire attention pour éviter de trébucher. Un papa se promène avec sa fillette qui se déplace en petite voiture. Nous longeons deux courts de tennis où des joueurs s’accommodent de la température de quelque trente-trois degrés.
Nous quittons le bord de la grande route et nous découvrons fortuitement la boulangerie- pâtisserie-café « Tous les jours » où nous achetons deux alléchants pains aux raisins pour le dîner. Nous entrons par la suite dans un vaste centre commercial inconnu à l’attrayante décoration de Noël, situé près du complexe d’appartements en location Masteri. Dans le centre, un emplacement est occupé par des voitures VinFast de Pham pour la promotion des ventes. Le modèle VF5, conduit par Dông, est présenté en bleu roi. Nous prenons ensuite le chemin du retour en suivant à droite la rue Thảo Điền où d’autres visions insolites sont immortalisées sur la pellicule numérique. A un moment donné, je regarde au travers d’un vitrage un chien blanc, qui me fait les yeux doux, à vendre dans le magasin « Pepe Coco » spécialisé dans la distribution de chiots de Corée. Près de chez nous, je prends une ultime photo avec la façade du restaurant « La Transat – Le goût de la Bretagne ». Après huit kilomètres de marche, nous arrivons chez nous...

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