jeudi 28 novembre 2024

La vie en rose à Sài Gòn...

    Nous sortons de l’appartement en fin de matinée. Nous allons déjeuner au Chay Garden. En chemin, nous nous attardons devant deux bassines ajourées de mandarines sans pépins qui viennent directement des bois. Plus avant, je contourne un rectangle de tissu bleu posé sur le trottoir sur lequel sèchent des feuilles de chou vert ou de salade. Autre part le long du trajet, une éminence de noix de coco brunes fraîches avec leurs fibres externes encore attachées retient mon attention. Je côtoie divers étals de fruits. Plus loin, je croise un conducteur dont le porte-bagages est chargé d’une cargaison d’œufs. Une petite dizaine de sacs jaunes est accrochée tout autour de son scooter Honda Wave. Nous arrivons à destination à midi.

    Après le repas, nous regardons l’arbre à souhaits devant l’entrée du restaurant. Je prends en photo un texte en vietnamien. Nous prenons le chemin du Starbucks. Je contourne une balance, ancienne pour moi, posée sur le trottoir. Kimmes, une jeune femme sympathique, nous accueille au café. Thé matcha et thé noir sont commandés. Nous savourons chacun une bûchette de Noël. Nous traduisons les mots photographiés sur une des barrettes en bois dans l’arbre à souhaits à la sortie du restaurant. Il s’agit d’une expression vietnamienne qui signifie : « La vie nous offre toujours des opportunités, mais il faut savoir les saisir ». Elle souligne l’importance de la résilience et de la prise d’initiative dans la vie. Cette phrase rappelle que, malgré les difficultés, il est essentiel de rester optimiste et de chercher à créer des occasions pour avancer et se réaliser. Cette expression reflète profondément la culture vietnamienne qui valorise la résilience et l’optimisme face aux défis. Cette vision positive de la vie est ancrée dans des valeurs collectives, comme l’importance de la famille et le respect des ancêtres qui unissent les Vietnamiens lors des épreuves. Les proverbes vietnamiens, souvent utilisés pour transmettre sagesse et conseils, illustrent cette approche pragmatique et encourageante envers la vie. Je trouve deux autres expressions pleines de bon sens : « Sông có khúc, người có lúc » (La vie humaine a ses phases) et « Rượu vào li ra » (Quand lalcool entre, les paroles sortent).

    Plus tard, en allant aux toilettes du premier étage du centre Pearl, nous voyons un totem qui montre le projet finalisé avec une passerelle qui rejoindra la station du métro aérien. Nous prenons ensuite la direction de l’objectif de la journée. Nous nous arrêtons sur un trottoir devant un étalage en gradins de pamplemousses à la peau verte en forme de grosses poires. Plus avant, une voiture noire stationnée sur le trottoir est décorée par deux bois dentelés rouges de renne qui dépassent des vitrages arrière. En chemin, nous entrons chez Sugar Free où nous achetons à une jeune fille agréablement empressée deux escargots à la cannelle pour le dîner. Nous repérons ensuite un restaurant végétalien en faisant un léger détour. 

    Plus tard, pour accéder à notre destination, nous suivons une allée privée, contrôlée par un gardien, partiellement bordée de hautes haies végétalisées. Nous passons devant de superbes portails en fer forgé qui cachent de possibles villas de rêve. Une voiturette électrique équipée de six sièges de la marque Tran E-Car semble échappée d’un terrain de golf.

    Nous arrivons vers quatorze heures trente à la Villa Rose. Je suis tout de suite sous le charme. Le salon de thé et le restaurant s’épanouissent dans une opulente décoration somptueuse, éclectique et romantique, qui fait la part belle à une végétation luxuriante. Les roses et les rouges à profusion créent une atmosphère chaleureuse et conviviale. Partout, des rideaux satinés en velours dralon et des coussins moelleux ajoutent une touche luxueuse qui met l'accent sur la douceur de vivre et le confort à son apothéose. Les lustres ouvragés, le strass présent dans les éclairages, la verrière qui coiffe toute la surface, les tentures aux couleurs vibrantes, des bassins aquatiques, une discrète cascade, sont autant de créations qui confèrent à l’espace un style unique et personnalisé. Thang nous accueille. À nos petits soins, il nous prend en photo. Pendant la préparation de notre commande, je me promène dans une partie des quelque quatre mille mètres carrés de cette caverne d’Ali Baba, magique et enchanteresse, nichée au cœur du quartier Thao Dien, dont la construction s’est étalée sur environ huit années. Depuis octobre de l’année passée, Rose Villa est ouverte aux non-membres du Club invités à venir découvrir et à se détendre dans cet espace féerique. Je marche sur le verre d’un étang qui participe plaisamment à la décoration. A un moment donné, je suis fasciné par quatre jeunes femmes dont les robes de soirée merveilleuses feraient pâlir de jalousie les grands couturiers. J’adresse la parole à l’une d’elles en la complimentant par des termes élogieux qui font naître un sourire éclatant sur son visage de toute beauté ; une apparition de rêve…

    Le thé gingembre, citron et miel se montre exquis. Je le bois à petites gorgées. La théière en verre est posée sur un petit réchaud, en verre également, entouré d’un ruban rouge sang. La tasse et la soucoupe, en porcelaine de Chine, aux motifs floraux embellis de dorures, de la collection Lady Carlyle, ont été fabriquées par la firme anglaise Royal Albert née en 1944. Une musique de fond apporte une note romantique. J’écoute Eartha Kitt, une danseuse et chanteuse américaine, qui interprète l'emblématique chanson « Santa Baby ». De délicieux moments s'écoulent à pas doux et feutrés.

    Nous quittons ce havre unique de beauté et de quiétude vers seize heures. Nous prenons le chemin du retour. Près de chez nous, je suis du regard une jeune femme, qui avance sur le trottoir, élégante dans une robe de style bohème, aux manches mi-longues, au tissu léger et vaporeux, dont les motifs paisley et floraux se déclinent dans des tons marrons et beiges sur fond crème. De coupe longue et fluide, la robe descend jusqu’aux chevilles en soulignant la silhouette. L’apparition, qui est chaussée de sandales à petits talons de couleur beige complétant harmonieusement l’ensemble, entre dans les coulisses du salon de coiffure Phi Nga...

























































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