vendredi 15 novembre 2024

De Annecy à Zurich en passant par Borly et Genève…

    Nous quittons Annecy vers neuf heures trente. Le zéro degré semble proche. Nous roulons jusqu’à Cranves-Sales. Nous laissons la majorité de nos affaires dans le garage jaune familial pour vivre un voyage au long cours avec le minimum de bagages. Notre imaginaire précède le voyage que nous entreprenons et notre imaginaire va s’enrichir durant notre voyage qui sera une source d’inspiration.

    Nous allons prendre un bus pour nous rendre à la gare d’Annemasse. Contre toute attente, le paiement en espèces a été supprimé. Patrick charge rapidement sur son iPhone l’application qui permet d’effectuer le paiement. Les minutes passent tranquillement. Une fois à la gare de Genève Cornavin, nous déposons nos bagages en consigne. Le paiement en espèces a également été supprimé.  La prolifération des smartphones aux innombrables applications se poursuit ; une panne générale du réseau entraînerait une paralysie générale. Quand j’étais gamin, j’entendais mes grands-parents dire d’éviter de « mettre tous ses œufs dans le même panier ». Nous nous rendons au proche restaurant-buffet Manora. Durant le déjeuner, mon regard se promène dans la vaste salle à la décoration attrayante. Le bleu lavande est à l’honneur dans la microfibre qui recouvre le dossier des banquettes en enfilades. Une dame, qui a chargé son assiette comme une pyramide, se met des gouttes dans les yeux en fin de repas. Le monsieur qui s’installe à table à ma gauche a composé son repas avec des mets majoritairement hydriques. La quasi totalité des tables sont occupées. Après le repas, nous allons chez Pougnier, dans l’enceinte de la gare, pour acheter des douceurs pour dîner à Zurich. En quittant le restaurant, une petite dame m’adresse la parole. Elle me demande de quelle provenance est mon pantalon. Je lui réponds : « Du Népal ». Elle me dit : « Je m’en doutais, car j’y suis allée ! ». En sortant de Manor, je vois un îlot de baskets présentées sous film plastifié. Je dis que, possiblement, certaines personnes feront deux trous pour les enfiler de manière à éviter de les salir. Patrick pense par association d’idée à un camarade de classe quand il était au collège qui ouvrait à peine ses livres pour les lire de manière à éviter d’abîmer la reliure. Nous passons un temps à la librairie Payot avant de prendre le train. Plus tard, je me chauffe le dos au soleil sur le quai numéro quatre. Le train pour Domodossola arrive avec vingt minutes de retard. Notre train arrive à l’heure. Nous prenons place en voiture cinq. Je commence sur le Kindle la lecture du livre  « Le voyage à travers  le temps et l’espace » de Kristinia T’Felt qui écrit à propos du voyageur : « Son imaginaire est élargi par des beaux  paysages, des villages pittoresques, des villes improbables et  des personnes qui vivent Autrement. (…) L’imaginaire contient les possibles, les envies et les rêves.  Il nous inspire la libération des contraintes mentales. (…) Les voyageurs, philosophes et hommes de lettres, reconnaissent généralement dans le voyage un moyen pour  s’enrichir intellectuellement, culturellement et humainement. » Michel Serres écrit à propos du voyage : « Aime l’autre qui engendre en toi une troisième  personne : l’esprit. » Une bonne heure plus tard, le train s’arrête en gare de Neuchâtel. A Bienne, nombre de passagers descendent du wagon. Le ciel est grand bleu et les rayons de soleil baignent le wagon, trop climatisé selon mon ressenti. La lecture se poursuit. Je pense à notre amie Josiane qui voyage  intérieurement chez elle grâce à nos voyages extérieurs de par le monde dont la teneur transparaît sur nos blogs avec les photos publiées et les narrations nourries de faits et d’imaginaire.

    Dans le carré en vis-à-vis, un homme, portant chapeau bordeaux, écharpe noisette et lunettes de vue, lit un journal gratuit tout en consultant son smartphone de temps à autre. La Terre tourne et le soleil disparaît progressivement derrière la crête des montagnes environnantes. Nous arrivons à destination à la nuit tombante. Les dix-sept heures s’éloignent, comme nous nous éloignons de nos racines familiales. Valentina nous accueille à l’hôtel Radisson Blue dont l’agora intérieure ouverte sur les huit étages me rappelle celle des hôtels de la chaîne Embassy Suite aux Etats-Unis. Elle nous attribue la chambre 327. Plus tard, dans l’enceinte commerciale de l’aéroport décorée pour les fêtes, José nous accueille au Starbucks. Il me fait goûter un peu de chocolat pour doser le nombre de pompes de cacao à intégrer dans la boisson chaude. Elena encaisse le montant des boissons. Cappuccino et chocolat chaud au lait d’avoine accompagnent les douceurs. La musique « Mad World » de Sergei Baronin nous accompagne durant le repas. Avant dix-neuf heures, nous sommes de retour à l’hôtel distant de dix minutes à pied du café…




















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