Nous descendons à terre avant neuf heures trente. Devant le terminal, j’achète un porte-monnaie corail ingénieusement conçu à Priscilla, qui se prononce Preschia en afrikaans, une charmante jeune femme au sourire éclatant et à la bonne humeur rayonnante, qui tient un étal temporaire le temps de l’escale. Nous partons à la découverte du front de mer.
La Clock Tower, joyau architectural du V&A Waterfront de Cape Town, un édifice victorien gothique à la façade rouge éclatante, captive immédiatement nos regards. Construite en 1882 comme bureau du Capitaine du Port, cette tour emblématique à trois étages arbore une horloge importée d'Édimbourg et des fenêtres gothiques pointues qui témoignent de son riche héritage maritime. Son intérieur fascinant abrite le mécanisme d'horloge d'origine au dernier étage, une salle des miroirs décorative au second niveau qui offrait autrefois une vue panoramique sur le port, et un ancien mécanisme de jauge des marées au rez-de-chaussée. Déclarée monument national en 1978 et méticuleusement restaurée à la fin des années 1990, cette tour historique sert aujourd'hui de point focal dans le développement urbain du Waterfront, où elle se dresse fièrement entre le port animé et la majestueuse Table Mountain, incarnant parfaitement la fusion entre l'histoire maritime et la modernité vibrante de Cape Town.
Le Victoria & Alfred Waterfront de Cape Town est un véritable musée à ciel ouvert où les œuvres d’art et l'art contemporain africain s'épanouissent avec audace et créativité en captivant nos regards. Une imposante statue de poisson semble surgir des flots, rendant hommage à l’océan. Des rhinocéros colorés, ornés de motifs vibrants, célèbrent la faune africaine avec une touche de modernité. Une girafe s’étonne de sa présence en émerveillant les promeneurs. Ces créations, mêlant métal, couleurs et imagination, insufflent une énergie artistique au port animé. Elles invitent à la réflexion sur la nature et la créativité, tout en sublimant l’atmosphère enchanteresse du front de mer. Quelle joie de déambuler parmi ces trésors artistiques sous le ciel bleu éclatant de Cape Town. Les Young Sailors, les sculptures emblématiques de bateaux en origami géants, des fresques murales qui célèbrent l'importance vitale de l'eau, nous séduisent. Le quartier du Silo District offre d’admirer le spectaculaire musée Zeitz Mocaa qui a pris place dans un ancien silo à grains.
Ailleurs, nous voyons se prélasser sur un ponton des adorables otaries à fourrure du Cap qui incarnent la splendeur de la vie marine. Leur pelage luit sous le soleil. Leurs mouvements gracieux, entre plongeons espiègles, siestes paresseuses et jeux spontanés, célèbrent la magie de l’océan. En groupe, elles partagent une harmonie naturelle, rappelant la richesse infinie de la biodiversité. Leur présence joyeuse, au cœur de ce port animé, est une invitation à nous émerveiller devant la beauté. Quelle chance de les avoir découvertes dans un véritable hymne à la vie.
Plus tard, nous arrivons dans un des Starbucks de la ville, abrité dans l'historique Salmon House, un joyau architectural aux teintes bleu pastel dont la façade victorienne ornée de délicates dentelles de fer forgé blanc évoque l'élégance d'une époque révolue. Les gracieuses arcades et colonnades de sa véranda sont un enchantement pour les yeux. La lumière dorée du soleil africain caresse les balcons ouvragés et les fenêtres à guillotine au cadre en bois foncé. Son aura presque magique invite à admirer son charme intemporel. Les pavés rougeâtres apportent une note de contraste qui met en valeur l’élégance de cette Dame emblématique qui aime flotter entre deux époques, telle une sirène bienveillante des traditions au milieu de l'effervescence actuelle. Devant l’entrée, une dame nous accoste. Elle demande une aide alimentaire pour sa famille. Son fils de douze ans, malade, nécessite des soins suivis. Nous achetons des sandwiches au fromage dans le café pour les lui offrir. Nous sirotons nos boissons en retournant au navire où nous devons obligatoirement passer au contrôle de l’immigration avant midi pour recevoir un tampon sur notre passeport attestant que nous quittons le sol de l’Afrique du Sud.
Devant le
terminal, je lance un joyeux salut à Priscilla qui m’offre un radieux
sourire. Après le contrôle, je demande à Angex, l’agent qui nous a reçus, à
quelle heure se terminent les contrôles. Contre toute attente, il me
répond : quatorze heures, en levant deux doigts. Je suis révolté, car les
officiers du navire Queen Anne ont menti en manipulant les voyageurs avec l’outil
de la peur en insistant sur l’horaire butoir et sur le fait que sans tampon de
sortie, il sera impossible de revenir en Afrique du Sud. Nous aurions pu
déjeuner tranquillement dans le port. Je trouve cette attitude inacceptable.
Patrick a remarqué que le mensonge est souvent utilisé à bord pour justifier
des décisions souvent arbitraires…





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